Une mécène suisse offre une vidéo promotionnelle pour le Châtel de Theys !

Interview de Lucienne Serex par Térence Le Deschault de Monredon

Nous avons profité de la sortie de la vidéo promotionnelle de Lucienne Serex pour interroger la réalisatrice, mais surtout la médiéviste, sur son acte de mécénat et sur ce qu’elle pense du projet de restauration et de réhabilitation du Châtel.

Lucienne Serex, qui êtes-vous ?

Je suis une autrice de Suisse et une historienne. J’ai soutenu mon master en littératures sur le thème de Perceval à l’Université de Neuchâtel en 2017, sous la direction du professeur Alain Corbellari. J’ai commencé mes études en littérature médiévale assez tard. J’avais d’abord étudié la microtechnique et j’ai travaillé pendant plusieurs années dans l’horlogerie suisse en tant qu’ingénieur. Les deux volets de ma vie, les lettres et la technique, se réunissent avec bonheur lors de la réalisation de courts-métrages.

Comment avez-vous découvert le projet de restauration du Châtel de Theys ?

Cela peut sembler curieux, mais c’est à travers le réseau Linkedin. Laurence Terrier, docteur en histoire de l’art médiéval et enseignante-boursière à l’université de Neuchâtel, avait partagé un de vos articles sur le Châtel. À partir de là, je me suis rendue sur le site internet, que j’ai trouvé très bien fait. J’ai d’abord été émerveillée par les photographies de la salle peinte, puis j’ai regardé plus en détail les informations à disposition sur l’histoire et le bâtiment.

Qu’est-ce qui vous a retenu votre attention dans ce projet ?

Mon sang n’a fait qu’un tour lorsque j’ai compris qu’il s’agissait d’un témoignage exceptionnel de la réception du texte de Chrétien de Troyes, dans un milieu chevaleresque. En effet, cet auteur a écrit son roman Perceval ou le Conte du Graal, vers la fin du XIIe siècle et nous n’en avons pas d’autre exemple aussi étendu de sa représentation. Les enluminures des manuscrits ou de petits objets évoquent quelques scènes du roman, mais jamais un passage aussi long du texte.

J’avais travaillé sur l’utilisation par Chrétien de Troyes du fameux texte des Moralia in Job [N.D.R. : il s’agit d’un commentaire du livre biblique de Job par Grégoire le Grand] et je me suis aperçue que les références savantes n’apparaissent pas dans les peintures. Et c’est fascinant. Je n’ai pas encore eu le temps d’étudier de près les illustrations, et d’ailleurs, plusieurs sont manquantes, mais on se rend compte qu’il y a eu une sélection dans la représentation des épisodes, avec une préférence pour les aventures chevaleresques, alors même que les dessins semblent très fidèles au texte, du point de vue des détails.  Ensuite, bien sûr, la beauté des peintures et l’expression des personnages.

Pourquoi avoir proposé de réaliser une vidéo ?

Il y a peu, j’ai dû avoir recours au crowdfunding (appel aux dons) pour un projet artistique en Suisse. J’ai réalisé que les vidéos pleines d’humour remportaient plus facilement l’adhésion du public. Je me suis dit qu’il faudrait faire quelque chose de semblable pour le Châtel de Theys, quelque chose avec un côté un peu amusant pour avoir plus d’impact, notamment sur les réseaux sociaux. Faire parler la figure de Perceval, avec son joli minois, semblait une bonne idée. Cela m’a pris des heures, mais c’était vraiment très agréable de travailler sur un dessin de cette qualité ! En plus de cela, je trouvais qu’il s’agissait d’un projet important et je tenais à y contribuer.

Quel a été votre sentiment quand vous êtes entrée pour la première fois dans la salle peinte du Châtel ?

Wahou ! J’ai été impressionnée ! J’avais perçu de l’inquiétude, avant que je visite, chez certains membres de l’association Theys Patrimoine qui avaient peur que je sois déçue, parce que pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de voir des chantiers d’archéologie du patrimoine, cela peut paraître abîmé. Mais pour une médiéviste, même en l’état, c’est juste extraordinaire !

Vous qui travaillez sur le Moyen Âge, avez-vous déjà vu quelque chose de comparable ailleurs ?

Il y a en Suisse, particulièrement dans les Alpes grisonnes, des peintures médiévales extraordinaires et une émotion semblable m’a été donnée, par exemple, dans l’église de Zillis, la « sixtine des Alpes ». Mais je n’avais jamais vu de maison forte aussi bien conservée. C’est très rare. À Zillis, on peut aussi reconnaître les scènes. Ce sont des passages bibliques qu’il est amusant de chercher à identifier. C’est comme une chasse aux énigmes où l’on cherche les différents passages du texte. Mais à Theys, ce sont des scènes du roman du Graal et c’est unique ! 

Selon vous, pourquoi est-il important de conserver ce patrimoine ?

Parce que l’on a très peu de choses conservées de cette époque, surtout en contexte civil. Nous n’avons que trop peu de traces de cette vie laïque que représente le Châtel de Theys et sa grande salle. La vision de cette époque est biaisée, car la majorité des témoignages, qu’ils soient de l’écrit ou du bâti, sont relatifs à l’Eglise. De plus, il est important de reconsidérer la valeur extraordinaire des textes de Chrétien de Troyes et du rôle de cet auteur dans la formation de la langue française. Donc, si cela peut aussi aider à faire mieux connaître Chrétien de Troyes, tout comme le monde laïc, c’est parfait.

Selon vous, quelle est la place de ce projet dans le panorama patrimonial européen ?

Aujourd’hui, on considère qu’un village comme Theys est perdu dans la montagne, mais au Moyen Âge, il s’agissait d’un passage vers l’Italie, d’un carrefour culturel extraordinaire. Or on connaît en Italie des représentations de la matière arthurienne antérieures aux romans de Chrétien de Troyes, dans les cathédrales de Modène et d’Otrante. À Theys, on est un siècle après l’écriture du Perceval et en contexte civil. Ce sont autant de témoignages de la réception des romans arthuriens en Europe, dont je rappelle que la matière de base est britannique, ce qui est passionnant. Cela permet sans aucun doute de mieux comprendre notre culture commune.

Pensez-vous que ce projet puisse intéresser un public qui ne connaîtrait pas le Moyen Âge ?

Oui, justement, c’est l’intérêt de faire un crowdfunding, car on touche beaucoup de monde et cela permet de montrer aux gens la beauté de ces peintures. Perceval est très « mignon » dans ces peintures de Theys et il plaira certainement aux enfants. Aujourd’hui, les sagas « médiéval fantastique » ont énormément de succès, car il y a dans cette époque quelque chose qui nous touche profondément. Les représentations médiévales ne cherchent pas le réalisme, mais expriment la « sur-réalité », c’est-à-dire la dimension spirituelle, symbolique, théologique des choses. C’est un art qui parle plus à notre sensibilité qu’à notre intellect, ce qui permet à un grand nombre d’être touché, ému, sans savoir pourquoi.

Pensez-vous que le Châtel aide à une meilleure connaissance du Moyen Âge ?

Oui, pour deux raisons essentielles. Premièrement, le Châtel illustre parfaitement ce que l’on peut lire dans les textes du Moyen Âge. En effet, on voit souvent mentionnée la grande salle de réception par des auteurs comme Chrétien de Troyes et à Theys, on peut enfin entrer dans une telle salle et compléter notre imaginaire avec quelque chose de concret. Ainsi, la grande cheminée rappelle l’importance du foyer que l’on trouve très bien décrite dans les textes de l’époque. 

Deuxièmement, cette grande salle permet de remettre en question certains a priori sur le Moyen Âge. Par exemple, la saleté si souvent représentée dans les films ou le caractère terne, gris ou brun, que l’on a des costumes et des bâtiments… Le lavabo et les latrines de Theys montrent au contraire un grand souci de l’hygiène. Et même non restaurées, les couleurs du décor éclatent ! D’ailleurs, dans les romans arthuriens, les couleurs sont très présentes, le vocabulaire en est varié et précis.

Souhaiteriez-vous un tel projet pour votre commune, en Suisse ?

Oui, bien sûr ! J’ai moi-même fait partie d’une association pour la valorisation du patrimoine. On organise des manifestations tous les deux ans autour d’objets patrimoniaux de la commune. Elles ont beaucoup de succès. On a ainsi réussi une fête extraordinaire dans la forêt autour d’un menhir et de pierres à cupules ! Je peux comprendre que les gens soient soucieux de voir affluer les touristes, mais il est tout à fait possible, si l’on pense correctement les accès et le discours, de promouvoir un tourisme doux et respectueux. C’est d’ailleurs ce genre de tourisme de qualité auquel s’adapte le mieux le site du Châtel. 

Quels sont, selon vous, les avantages d’un tel projet pour la région ?

Il ne faut pas oublier que les Alpes sont des régions très importantes d’un point de vue culturel et historique. Or on en fait plutôt des domaines sportifs en oubliant qu’elles ont joué un rôle majeur dans la constitution de nos pays et de nos cultures. Ce projet est certainement un excellent moyen de le rappeler.

Pensez-vous que les générations futures seront heureuses de recevoir un tel héritage ?

On peut en être convaincu lorsque l’on voit le succès d’un site comme Guédelon auprès des jeunes générations, heureuses de mieux connaître leur histoire et les métiers anciens auxquels on fait appel pour la construction de ce château fort. Mais, à Guédelon, on crée un château qui n’existait pas, tandis qu’à Theys, le Châtel est un vrai témoin de l’époque médiévale. J’ai moi-même beaucoup de plaisir à parler d’histoire en faisant visiter des sites patrimoniaux à mes enfants et je crois que c’est pour eux un apprentissage nécessaire. Et s’ils en ont parfois un peu assez des églises, ils ne m’ont jamais refusé d’aller dans un château !

Êtes-vous fière de voir votre nom associé à ce projet en tant que mécène ?

Oui, j’étais prête à payer 1000 CHF et j’ai préféré transformer mon don en offrant cette vidéo. Je suis très fière que mon nom apparaisse sur le site internet du Châtel de Theys, parmi les autres noms de mécènes parce que lorsque je visite un site historique, je suis toujours reconnaissante envers ceux qui ont rendu possible une telle découverte.

Avez-vous encore quelque chose à ajouter ?

Je tiens à vous remercier d’avoir accepté mon projet de vidéo et de m’avoir donné carte blanche pour le scénario et la réalisation, c’était une belle preuve de confiance et : que vive le Châtel de Theys !

Une avancée de 10 000 pas vers la renaissance du Châtel !

Une étape symbolique a été franchie dans notre course pour sauver le Châtel de Theys : notre souscription auprès de la Fondation du patrimoine, en lien avec la Mission Bern, a dépassé la barre des 10 000 euros de dons !

Souvenez-vous…

En septembre 2018 nous étions retenus par la Mission Bern et en parallèle s’ouvrait une souscription auprès de la Fondation du patrimoine afin de récolter des dons qui aideraient la commune de Theys dans son beau projet patrimonial.

Il y a un an (janvier 2019), la commune de Theys était récompensée par l’Académie Delphinale pour son action de sauvegarde et de restauration du Châtel et de ses magnifiques peintures murales.

Aujourd’hui, nous avons réussi à toucher suffisamment de personnes pour parvenir à récolter plus de 10 000 euros de dons. 

Imaginez…

10 000, c’est le nombre de pas que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de faire chaque jour pour rester en forme. Pour le Châtel, chaque euro est comme un pas vers la rédemption et chacun de ces pas, c’est un mécène qui nous l’offre.

Que chaque donateur qui a démontré sa générosité, quel que soit le montant de son don, soit vivement remercié d’avoir contribué à la remise en forme de cette vieille dame qu’est la maison forte du Châtel !

Pour notre part, nous sommes fiers d’avoir réussi à convaincre chacun de vous de l’importance de notre mission.

Sachez que…

10 000 euros, c’est beaucoup, mais pas encore assez pour mener à bien un tel chantier. Comme pour rester en bonne santé, la remise en état d’un monument demande des efforts constants et réguliers.

Nous allons donc poursuivre notre campagne de communication

Cette année, nous avons donné trois conférences pour présenter le décor de la grande salle du Châtel et le public s’est toujours montré très surpris de la richesse de cet ensemble. Les spécialistes du Moyen Âge que nous avons rencontrés sont unanimes sur l’importance de ce témoignage unique et sur l’urgence qu’il y a à le sauvegarder.

Aidez-nous !

Mais nous comptons aussi sur vous pour faire fonctionner l’outil sans nul doute le plus efficace qui soit : le bouche-à-oreille. Rien de plus convaincant que la recommandation d’une cause par un proche, un ami.

Faisons donc notre possible pour que le Châtel devienne connu de tous et qu’il attire de nouveaux mécènes pour avancer de 10 000 nouveaux pas vers sa pleine santé !

Concevoir la réhabilitation d’une maison forte médiévale

Pour le grand public, le patrimoine du Moyen Âge ce sont les cathédrales et les châteaux forts. Pour les historiens de l’art et les restaurateurs de peintures murales, cela fait déjà quelques décennies qu’il existe un autre patrimoine, moins bien connu et pour cette raison encore plus intéressant : celui de la maison médiévale et de son décor.

            Le Moyen Âge a très longtemps été étudié principalement à travers les textes, dont la très grande majorité est due aux clercs et nous livrent donc une image passée au crible du clergé. Avec la prise en compte des illustrations marginales de manuscrits, puis des peintures murales civiles, c’est le point de vue des laïcs qui se découvre à notre connaissance.

La salle peinte du Châtel de Theys avec sa grande cheminée

            Une maison forte, avec sa salle de réception intacte, entièrement décorée d’un cycle peint emprunté à un roman arthurien, voilà bien un trésor que de nombreux chercheurs rêvent de pouvoir étudier un jour, mais bien peu auront l’occasion de satisfaire leur désir. Voilà également un vrai défi à relever sur plusieurs plans pour le gestionnaire de ce projet patrimonial. 

Tout d’abord du point de vue de l’analyse archéologique et historique : faire les bons choix pour ne laisser au hasard aucun indice pouvant aider à la compréhension de l’ensemble. Ensuite d’un point de vue de la restauration tant du bâtiment que de ses peintures : respecter les vestiges, conserver les traces du temps tout en donnant une lecture convaincante et évocatrice du monument et sans oublier le caractère de « laboratoire » d’un pareil édifice. Enfin du point de vue de la réhabilitation : ne pas trahir le passé et surtout proposer un discours à la fois consistant et captivant pour un public qui devra ressortir de sa visite enrichi du sentiment de se sentir plus éclairé, car il aura compris une partie de son passé, de son héritage, c’est-à-dire de lui-même. Et même si ses ancêtres vécurent bien loin de là, c’est un petit morceau de l’humanité toute entière qui lui sera ainsi découvert.

Le projet : expliquer le Moyen Âge de tous les jours dans des murs médiévaux, loin des poncifs et en osant les nuances. Arrêtons d’offrir au public ce qu’il attend en le confortant dans ses certitudes erronées ou approximatives. Donnons-lui ce qui le rend plus heureux, car plus fier de lui-même : l’opportunité de s’enrichir. 

Le Châtel distingué par l’Académie Delphinale !

La commune de Theys reçoit la Grande Médaille de l’Académie Delphinale

Le samedi 26 janvier prochain, la prestigieuse Académie Delphinale remettra à la commune de Theys son prix annuel pour la récompenser de son engagement en faveur de la restauration du Châtel. L’entreprise ambitieuse de restauration de ce joyau patrimonial vaudra à la mairie de recevoir la fameuse médaille gravée aux armes du Dauphiné qui récompense une personne ou une institution ayant particulièrement œuvré pour la sauvegarde, la conservation ou la mise en valeur du patrimoine régional.

La cérémonie, réservée aux membres de l’Académie et à leurs proches, aura lieu dans la grande salle de réception de la mairie de Grenoble. À cette occasion, une conférence ayant pour titre: « Le Châtel de Theys : une exceptionnelle maison forte en Belledonne », sera donnée par Térence Le Deschault de Monredon. Ce sera l’occasion de présenter au public présent ce site remarquable et le décor peint de sa grande salle de réception qui demeure à ce jour une découverte tout à fait exceptionnelle. En effet, il s’agit de la seule représentation connue en peinture murale du roman Perceval ou Le conte du graal, rédigé par l’écrivain champenois Chrétien de Troyes vers la fin du XIIe siècle .

C’est précisément le programme de restauration mis en place par la commune de Theys pour sauver ces magnifiques peintures murales datant de la fin du XIIIe siècle et la maison forte qui les abrite, qui a convaincu l’Académie Delphinale dans son choix. Cette distinction constitue un bel encouragement pour une municipalité qui croit en la mise en valeur de son patrimoine.

L’année 2019 commence donc sous de très bons auspices et nous pouvons espérer qu’elle se poursuivra de même, en compagnie des chevaliers de la Table ronde et du vaillant Perceval !

Un cavalier aux armoiries mystérieuses

Sur le linteau de la cheminée de la grande salle de réception du Châtel sont peints deux chevaliers qui s’affrontent. Une femme les sépare. Elle tient un étendard dans chaque main, aux couleurs de chacun des deux combattants et sa robe est parsemée d’écus, alternant ces deux mêmes armoiries.

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Vue de la cheminée
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Relevé des peintures du linteau

Le chevalier de gauche porte des armoiries sur lesquelles se distingue clairement un lion. Mais concernant le chevalier de droite, l’analyse est bien plus délicate.

À première vue, cette tige centrale barrée de deux branches courbes terminées par des sortes de fleurons pourrait faire penser à un créquier.

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Détail du bouclier armorié
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La figure héraldique d’un créquier

Pourtant le créquier, ce végétal héraldique, comporte trois branches et non deux, des feuilles lancéolées et non lobées et l’on voit ses racines, ce qui n’est pas le cas au Châtel.

Après une petite enquête dans différents armoriaux, j’ai trouvé ceci :

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Cet armorial français des années 1500 donne l’information suivante : Eyk porte d’argent à… Le copiste n’a pas su blasonner cet étrange écu. Il s’est donc contenté de donner le nom de son propriétaire.

Puis, en cherchant un peu plus, j’ai trouvé l’original flamand sur lequel avait vraisemblablement été copié cet armorial français.

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On s’aperçoit ici que les branches ne se terminent pas vraiment par des fleurs, mais par des formes lobées dépourvues de bouton central. De plus, les anneaux représentés sur le manuscrit français pourraient ici être de simples protubérances symétriques de part et d’autre des branches de ce végétal très stylisé.

Quelques connaissances de vieux néerlandais permettent de faire rapidement le lien entre le nom de famille « Eyk » et sa signification dans le langage courant : « le chêne ». Il devient ainsi évident que nous sommes en présence d’armes parlantes, c’est-à-dire d’armoiries dont la représentation forme une sorte de rébus avec le nom de la personne qui les porte.

Pour achever de nous convaincre que le chevalier de Theys porte des armoiries au chêne (ou à la branche de chêne), il suffit de lever les yeux vers le manteau de la cheminée et de s’apercevoir que le médaillon de l’histoire de Perceval qui est mis en valeur à cet endroit représente le cheval du héros broutant devant un très beau chêne, reconnaissable à ses feuilles ondulées. L’arbre se dresse au centre du médaillon et n’apparaît qu’une seule fois dans l’ensemble des peintures murales du Châtel, ce qui confère à son apparition une grande importance.

Ce premier mystère résolu, il reste à savoir ce que signifie cet affrontement et qui se cache derrière ce blason si rare et inconnu des armoriaux des grandes familles du Dauphiné, de la Savoie et du Genevois.

La suite dans un prochain article à venir…

Térence Le Deschault de Monredon
Médiéviste – chef du projet Châtel
Conseiller patrimonial de la commune de Theys